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20717

5 juillet 2017 - Poèmes
20717

La nuit vogue la pièce, l’embarque dans son grand calme. Sur le mur clair caressé d’une lumière lointaine joue l’ombre légère des feuillages confondus au châssis de la fenêtre entrouverte. Une bougie brûle, son halo fauve ondule d’un souffle très lent, un parfum d’ambre s’épanouit. L’angle de la porte poussée, les perpendiculaires du lit, du bureau offrent sans le clore un cadre à l’espace qui murmure le murmure du temps sans paroles. La paix paraît simple, dans cette nuit qui me contient, me flotte.

Sa vague revient de loin, qui expire à mes pieds, revient des guerres et des cris, des pleurs et des anathèmes, de misère et famine, ici et ailleurs, entre quatre murs aux quatre coins du monde, sa vague revient, m’entraîne, me relie, et la paix paraît inexplicable, malgré tout paraît simple.

Illustration : William Nicholson, The Silver Casket, 1919.

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