Menu

11216

2 décembre 2016 - Jours, Poèmes
11216

Mille lancées croisent chaque pas, accrochent un regard à leur traîne. Le soleil se moque des grises mines, ricoche dans les sourires pétillants, ou bien c’est le pas martial de cadres à quatre épingles, et l’enfance qui s’amuse à ces jouets, automates bien léchés, à moins qu’un amour fou rattrape le cœur et le lâche pour la candeur d’yeux rêveurs déjà passés ailleurs. Sans compter l’encre de chine qui serpente en arabesque au pied de la fenêtre éclairée dans la nuit, le chant d’oiseau qui monte et ouvre le ciel engouffré de bleu, et même l’asphalte où claquent les talons si dur que ça rappelle la terre humide et grasse, l’accueillante mollesse où s’enfonce le chemin. Il n’y a qu’à tendre la main, ça fuse à chaque instant, s’y accrocher comme à la queue d’une comète, être feu d’artifice vibrant en éclats démultipliés.

Mille vies le côtoient, dont il ne sait rien, dont il voudrait tout imaginer. De droite à gauche et inversement, venant à sa rencontre ou dans son dos,  le croisent et le dépassent les passants, sans dévier, sur leur voie toute tracée. D’aucune il ne veut tout savoir, qui ne laisse rien à vivre ou penser. Il exècre les voies toute tracées, et leur air d’évidence. Il voudrait s’en tenir au hasard, le laisser courtiser au petit grand bonheur son cœur à l’élan sûr quand y résonne l’écho aux pensées qui y voltigent. Il ne veut plus voir que nulle main ne se tend, savoir si s’envolent les brins d’étoile de la paume offerte.

Il ferme les yeux, paupières crispées, pli amer à la bouche.
Ténèbre s’engouffre.
Mille passants, une chevelure de comète au poing, et nulle constellation.

Photo: Comet Lovejoy in Ursa Major, NASA

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :

En poursuivant la navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Plus d'informations

Ce site utilise des cookies. Poursuivre votre navigation sans changer vos paramètres ou cliquer sur "Accepter" ci-dessous revient à accepter leur utilisation sur ce site.

Fermer