Nous nous sommes laissés prendre à notre propre piège,
À l’art subtil de nos feintes et déjeux.
Nous avons sur un songe joué la vie
Et sous des masques d’éclat et d’ombre
remporté la mise.Aveugles électriques nous savions et nous défiions pourtant,
Amants d’orgueil et de misère.
Nous avons trop bien joué,
Infiniment suspendu le couperet de
l’ultime carte.Nous ne l’abattrons pas.
Nous avons trop perdu.
Nous ne l’abattrons pas.
Nous avons trop gagné.La réservons à autre sort.
Qu’il s’en empare.Ce qu’il nous reste est trop précieux,
Restera prodigieux de rester quand rien ne reste,
Quand rien ne devrait rester,
que rien ne devait rester.Nous saluerons l’aube improbable qui par-dessus
Tous les deuils élève
Une gloire souple et tue
Aux joueurs absolus, quand ils savent préserver
À l’envol des passions et au noir de leurs ruines
La vive étincelle
De leur plein regard
Loyal à ce qui reste,
.                               Indéfectible,
            Après tout.

Illustration : Johann Heinrich Füssli, Amor and Psyche.

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