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30816

3 août 2016 - Poèmes
30816

« Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! »1

Des mots mûrissent en bouche, trop légers encore pour laisser trace sur la page blanche,
quand, à l’exacte mesure du silence, surgit une voix ancienne et connue dans le balancement lent de saisons qu’on croyait oubliées, voix d’un poète aimé, encore fugitive puis précisée peu à peu dans l’ample traîne du poème retrouvé.

Compagnons dans l’obscur, leurs rythmes bercent le secret de nos jours. Quel amour plus sûr que ceux-là qui, enrobant leur proie saisie, infiniment située à l’instant précis qui la cloue, sans cesse cependant au-delà l’emportent où, sublime divergente, elle infuse pour mêler à nos langues son improbable baiser.

 Illustration: P. Gauguin, Roses et statuette


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  1. Ch. Baudelaire, « À une passante » []
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