Grégory Hosteins, Studio Nuit

Je ne suis sûr que d’une chose : le carreau sale derrière lequel je le vois, se tenir droit comme un i, laisse opaque et transparent le moindre accent de sa voix. Là-bas se récite quelque chose. Une vie, un poème. Du moins je vois ses lèvres qui bougent, sa gorge forcer à grands traits le passage douloureux que les mots empruntent quand il les formule (certains, dirait-on, pour la première fois, il tousse alors et porte ses mains à sa bouche mais son discours ne cesse pas : le visage dans les mains, il reprend, et s’il le faut plusieurs fois). (Grégory Hosteins, Répertoire)

Anh Mat, Les nuits échouées

Monsieur M. commence, submergé par l’écoute, face à la page déjà noire d’absence de mot.
A l’origine un trouble, une difficulté à se confier, comme si chaque chose prononcée pouvait le trahir, révéler le secret qu’il garde sur le bout de sa langue, derrière les dents serrées de sa bouche fermée comme un poing.
(Anh Mat, « L’origine de Monsieur M. »)

L’assassin rêvé

Tu sais combien je suis impressionnable, au fond. Peu à peu, je me suis lassée de rester aux aguets par plaisanterie, et, sur la piste de mon assassin de fantaisie, je me suis faufilée dehors à la brune, explorant le quartier sur ses traces, puis la ville entière. Épouse des ombres, j’ai frôlé des types louches, assisté à des gestes regrettables, à des actes inquiétants, j’ai surpris des secrets.

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