Esther 3.3

Mais ça ne va pas. Je ne suis pas là pour ça, accélérer brusquement, embrayer sur n’importe quoi dans une brusque embardée au prétexte de je ne sais quelle lueur dans le regard de l’autre, ou de pas de lueur, à redouter je ne sais quelle interprétation, je ne suis pas là pour ça. Je…

Esther 3.2

J’ai longtemps essayé de m’expliquer ce regard bleu-noir. Il était rare et naissait, je crois, de certaines luminosités ou circonstances particulières et obéissait sans doute à des lois précises, suivant quelque régularité au jeu fin et complexe. Passée une brève curiosité pour les mécanismes qui président à l’irisation des plumes, je ne fis pourtant jamais l’effort de…

Esther 3.1

Quand je suis rentrée le soir, Esther était partie. Dans le bus qui me ramenait chez moi, alors que je m’assoupissais, fréquente transition entre le rythme d’automate de la journée de travail et le temps à soi, au battement plus lent, dans ce demi-sommeil qui accuse la fatigue autant qu’il l’efface, j’ai repensé à Esther, à cette…

Esther 2.4

J’ai continué à parler pour y échapper, pour ne pas me demander si elle serait là ou pas à mon retour, ou pour essayer de savoir, ou pour me préparer à l’une comme à l’autre éventualité, en refoulant des larmes qui grignotaient l’oubli, en me raccrochant à son regard dont je voulais effacer la lueur…

Esther 2.3

Je sens sa curiosité dépitée, sa déception qui grandit, le disputant à l’agacement, pendant que j’entame des bouts de phrases qui bifurquent en digressions inachevées sur l’insomnie, sur la nuit, puis restent en suspens. Il me relance une dernière fois, mais cette fois-ci, je ne me trouble pas, « Patience, ça viendra. » lui dis-je en souriant, ironiquement…

Esther 2.2

Je ne sais plus trop quand Esther est arrivée, mais je me souviens de la première fois où je l’ai vue. C’était la nuit. Elle formait un petit tas noir dans l’obscurité à peine estompée par une espèce de clarté éreintée, lointaine évocation de celle, nette et fixe, qui figeait la rue terne dans une immobilité,…

Esther 2.1

Il m’avait entraînée dans la nuit sur un ordre bref, « Marchons. » Je lui avais emboîté le pas par automatisme, sans me demander quelles étaient ses intentions. Être méfiante m’aurait réclamé trop d’efforts, et puis je m’en fichais pas mal, au fond. Le rythme de nos pas, leur écho contre les façades de la ville qui…

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