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Empreintes _ Pauline #8

4 janvier 2014 - Empreintes, Hapax et archives
Empreintes _ Pauline #8

Avec Claire P., récit à quatre mains.

« Benjamin, tu es rentré ? » En entendant sa femme, Hervé regarde machinalement l’heure. Pauline rentre tard. Il pensait la trouver en arrivant il y a une heure – pour une fois qu’il s’est libéré tôt. Il termine rapidement son mail, l’envoie sans le relire, se lève et sort de son bureau pour aller à sa rencontre. Elle est déjà à s’affairer dans la cuisine.

— Oh ! tu es déjà là, dit-elle en le voyant s’approcher ; et elle lui sourit.
— Bonsoir, ma chérie. Hervé lui dépose un baiser sur les lèvres. Excuse-moi, il n’y a pas eu moyen de décaler ce rendez-vous. Ça s’est bien passé, ta maman était contente ?
— Oui, oui, et ne t’en fais pas, je m’en doutais bien, va. Maxime dort chez un copain du hand, et Ben mangera de son côté quand il aura faim, un peu plus tard. Ça te tente un plateau télé ? On pourrait se regarder Certains l’aiment chaud.
— Bonne idée. Tu veux un coup de main ?
— Prépare la charcuterie et le fromage si ça te va, pendant que je m’occupe de la salade.
— On a du pain ?
— Ah non ! Pauline s’arrête, surprise. Oh là là ! ça m’est complètement sorti de la tête.
— Pour une fois que c’est toi qui oublies, dit-il en plaisantant. Bon, je sors en acheter.

***

Hervé regarde sa femme rire. Cela l’amuse, lui fait même chaud au cœur. Calée dans l’angle du canapé, les jambes repliées sous elle, elle lui paraît toute jeune, ses yeux pétillant d’une joie enfantine. De temps en temps, elle lui jette un regard ravi, et lui, heureux de partager ce moment avec elle, lui répond d’un sourire. Cela devient presque un jeu. Hervé s’abandonne au charme de l’instant, au charme de Pauline, à cette gaieté spontanée qui l’avait d’emblée séduit. C’est idiot, ils devraient passer plus souvent des soirées comme celle-là.

Elles ont été rares ces derniers temps, comme si Pauline n’en avait plus trop envie, et il réalise à quel point l’habitude s’est installée que ce soit elle qui propose ce genre de moments à deux. Depuis quelques mois, elle semble se renfermer, on dirait qu’elle est plus soucieuse, ou mélancolique seulement, sans que cela transparaisse vraiment… sinon par ce silence qui envahit tranquillement le quotidien, prêt à disloquer peu à peu leur intimité. Une crainte soudaine saisit Hervé. Pauline parle de moins en moins en fait, elle raconte peu ses journées, et il a désormais bien du mal à savoir ce qu’elle pense. Il se demande obscurément s’il ne devrait pas faire quelque chose.

« Nobody’s perfect ! »

Le générique de fin défile sur l’écran. Pauline s’étire comme une chatte, se pelotonne contre lui avec un regard amoureux. Cette simple chaleur dissipe l’inquiétude d’Hervé. Sans doute s’en fait-il pour rien.

« Merci, ma chérie, pour cette soirée parfaitement parfaite », lui murmure-t-il à l’oreille.

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