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Empreintes _ Pauline #2

17 novembre 2012 - Empreintes, Hapax et archives
Empreintes _ Pauline #2

Récit à quatre mains, avec Claire P. Deuxième épisode.

Le téléphone sonne au moment où Pauline met le lave-vaisselle en route.
— Allô ?
— Bonjour ma chérie.
— Bonjour Hervé. Ça se passe bien ?
— Oui, évidemment. Beaucoup de boulot.
— As-tu pris des contacts ?
— Oui, oui… quelques-uns. On a vu l’équipe Roule… Tu sais pour la recherche sur le Sulak… C’est un peu facile d’attendre notre savoir-faire sans de réelles contreparties. Notre collaboration est en stand-by. Ça ne m’étonne qu’à moitié, j’avais bien prévenu Guy de se méfier, mais bon. Enfin, ça veut dire qu’il va falloir revoir le plan de développement, le timing…
— Le Sulak ? pour le diabète, c’est ça ?
— Non… non, pour le diabète, c’est bon, on est en phase de finalisation, il ne reste plus qu’à briefer les visiteurs médicaux. Le Sulak, c’est l’hypertension. On va arriver en fin de brevet pour la molécule précédente, mais vu comme c’est parti, je suis un peu pessimiste. Pas question pour nous de perdre en part de marché, c’est vital. Enfin, bref. Et toi, ça va ? tout se passe bien avec les enfants ?
— Oui, oui. On a mangé tard, je finis à peine de débarrasser. Benjamin avait un problème de maths, j’ai essayé de l’aider, on a passé un temps fou pour rien, je n’y suis pas arrivée. Il faudrait peut-être que tu regardes avec lui avant son contrôle la semaine prochaine. Il a bien du mal, tu sais, et j’ai l’impression qu’il se décourage.
— J’essaierai. Les maths, c’est pas bien sorcier. Benjamin est intelligent, il va s’en sortir. On regardera ensemble ce week-end.
— D’accord, merci. Ah, Bernadette devrait sortir de l’hôpital mardi prochain. Ils lui font les dernières analyses de routine. Si tout se passe bien, c’est ton père qui ira la chercher.
— OK, très bien.
— Je crois qu’elle aimerait que tu ailles la voir.
— Je ne suis pas sûr d’avoir le temps. Est-ce que tu pourrais t’en occuper ?
— Tu sais bien que c’est pas la même chose. Elle veut voir son fils. De toute façon, je serai très prise à la librairie, la semaine prochaine. Mais bon… j’essaierai quand même d’aller la voir, je me libérerai un moment pour ça. On est très occupées, on organise une signature. Avec ce poète dont je t’ai parlé, tu t’en souviens ?
— Euh… oui, peut-être.
— Si, si, c’était la semaine dernière. C’est une poésie vraiment singulière. On aimerait le faire connaître. Tu n’aurais pas sous la main quelques collègues férus de poésie ?
— Pas que je sache, non.
— Tu n’es pas drôle, mon chéri.
— Oh, excuse-moi, je suis fatigué. Une grosse journée m’attend demain. Ça commence tôt par une conférence. L’hypertension, justement. Je ne peux pas la manquer. Crois-moi, j’aimerais bien avoir le temps de m’occuper de poésie ! Avec ces histoires de Sulak, je suis sur la brèche en permanence, là. Je n’ai pas le droit à l’erreur.
— Je sais, c’est pénible pour toi ces temps-ci. Détends-toi un peu ce soir et repose-toi bien. Et ne t’inquiète pas, tu as déjà fait tes preuves, et ils savent que tu fais de ton mieux.
— Ils attendent surtout des résultats, compétences ou non. Mais tu as raison, je vais aller me reposer.
— Alors à demain.
— À demain, bonne soirée ma chérie.
Pauline raccroche. En passant dans le couloir, elle jette un coup d’œil dans la chambre de Benjamin qui bouquine un manga au lit. Comme d’habitude, la porte de Maxime est fermée, laisse filtrer une vague musique rock. Elle entre dans la salle de bains, ferme doucement la porte et s’y adosse un instant en fermant les yeux, le sourire aux lèvres. Elle sourit toujours lorsqu’elle se plonge dans un bon bain chaud et moussant.

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