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Empreintes _ Augustin #2

30 octobre 2014 - Empreintes, Hapax et archives
Empreintes _ Augustin #2

Avec Claire P., écrit à quatre mains.

Il avance sans se soucier d’où le mènera ce chemin dont il ne voit pas le bout. Il marche sous la voûte des arbres aux branchages immobiles d’un pas tranquille malgré la fraîcheur de l’automne. De gros nuages défilent lentement dans le ciel. De temps à autres, à la faveur d’une brève éclaircie, quelques rayons filtrent à travers les feuillages mordorés, adoucissant la pénombre. Il pense à Adeline, assise seule au milieu d’une clairière baignée de soleil. Elle rit, sa robe de cotonnade jaune pâle déployée en large corolle autour d’elle. Il la voit remuer les lèvres, ponctuer ses propos d’un hochement de tête, se taire, à l’écoute, puis éclater de rire à nouveau. Adeline se penche, attrape une pomme qu’elle croque. Sur la nappe blanche à carreaux rouges traînent les restes d’un copieux pique-nique.

Une vague de bien-être caresse Augustin, il frissonne et soupire d’aise. Top top top. Adeline arrive derrière lui. Au bruit de son pas, il se retourne. L’ombrelle ouverte de la jeune femme abrite son oreiller. Heureux, il s’entortille un peu plus dans les draps. Top top top. Il entrouvre les yeux et perçoit une silhouette svelte dont les contours se précisent à mesure qu’elle s’approche de lui. Il reconnaît la longue chevelure brune, la robe légère. « Line ! » Top top top.

« Bonjour monsieur. », dit une voix douce.

Pauline est debout à son chevet. Avec un léger mouvement de recul, il écarquille les yeux, éberlué, puis fronce les sourcils.

— Oh, excusez-moi de vous avoir réveillé. J’espère que je ne vous ai pas fait peur. Vous bougiez, je n’avais pas vu que vous dormiez.

Augustin, un peu remis de ses émotions, la regarde avec plus d’attention.

— Mais qui êtes-vous ?

— Vous vous souvenez de la femme dans l’autre lit ? Je lui avais apporté des roses… Elle regardait beaucoup la télé…

Augustin se rappelle vaguement cette jeune femme agitée. Il se tait, se demandant ce qu’elle peut bien lui vouloir.

— Je suis venue voir comment vous alliez. Je m’appelle Pauline, dit-elle avec un sourire en lui tendant la main.

Augustin hésite un instant, intrigué par une telle intrusion, puis lui tend lui aussi la main.

— Moi c’est Augustin.

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