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Empreintes _ Pauline #3

1 décembre 2012 - Empreintes
Empreintes _ Pauline #3

Récit à quatre mains, avec Claire P. Troisième épisode.

Isabelle se débat avec ses mails. Pauline la sent fébrile. Il ne faudrait surtout pas oublier quelqu’un. Elles ont beau organiser régulièrement des soirées, à l’enthousiasme de faire découvrir un auteur se mêle toujours cette crainte que tout ne soit pas parfait, de ne pas rencontrer le succès attendu. Le regard d’Isabelle fait le va-et-vient entre l’ordinateur et sa liste d’invités. De temps en temps, elle lève le nez pour lancer quelques mots à Pauline.

— Tiens, celui-ci je l’avais complètement oublié. T’es sûre que M. Delare aime la poésie ?
Pauline hausse les épaules et lui répond en souriant :
— C’est vrai qu’il lit plutôt des romans, mais c’est un fidèle, il viendra et ça risque bien de lui plaire.
— Tu es réconfortante ! As-tu pensé aux amuse-gueules ?
— Oui, oui, ne t’inquiète pas, je m’en chargerai.

Entre les soixante invités et les clients moins réguliers qui auront pu voir leur affiche ici ou là, elles prévoient une trentaine de personnes. Au fil du temps, et elles n’en sont pas peu fières, elles ont constitué autour de la librairie un petit cercle qui réunit les plus fervents lecteurs du quartier, mais aussi quelques auteurs, des petits éditeurs et un ou deux bloggeurs… De rencontre en rencontre, des liens se sont tissés, des affinités ont su se prolonger, et de réelles amitiés se sont parfois constituées à l’ombre des hautes étagères de livres.

Isabelle continue ses mails. Son entrain s’entend à la cadence des cliquetis égrenés sous ses doigts qui courent sur le clavier. Pauline laisse son amie à ses gammes informatiques et va au fond de la librairie. Elle a encore un peu de temps avant de se rendre à l’hôpital. Elle en profite pour déballer les derniers cartons arrivés, trier les livres, choisir lesquels iront sur les rayonnages, lesquels sur les tables, en présentation. Elle soupire : encore des livres abîmés ! Ils ne peuvent donc pas faire attention ? Elle en est à disposer les nouveautés sur la table, toute à sa tâche, répétitive mais apaisante par le soin qu’elle y apporte, quand Isabelle l’interrompt :
— Hé, dis donc ! tu ne voulais pas aller à l’hôpital ? Il est déjà six heures.

Pauline émerge de sa bulle.
— Tu as raison, il faut que j’y aille. Tu vas t’en sortir ? De toute façon, je suis là demain.
Isabelle rit, et avec une moue moqueuse, répond :
— Tu sais bien qu’on n’y arriverait pas sans toi… Allez, file ! je me débrouillerai bien.

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