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Gracq, Les Eaux étroites

14 janvier 2013 - À glaner, Notes
Gracq, Les Eaux étroites

Bizarres stéréotypes poétiques qui coagulent dans notre imagination, autour d’une vision d’enfance, pêle-mêle des fragments de poésie, de peinture ou de musique. De telles constellations fixes (les liens emblématiques qui se nouèrent dès les commencements des anciennes familles entre le nom, les armes, les couleurs et la devise ne seraient pas sans jeter un jour sur leur origine) si arbitraires qu’elles paraissent d’abord, jouent pour l’imagination le rôle de transformateurs d’énergie poétique singuliers : c’est à travers les connexions qui se nouent en elles que l’émotion née d’un spectacle nature’ peut se brancher avec liberté sur le réseau – plastique, poétique ou musical – où elle trouvera à voyager le plus loin, avec la moindre perte d’énergie. Une de ces concrétions – un de ces échangeurs plutôt, riches d’images entretissées – s’est formé pour moi, aussi loin que je remonte dans ma mémoire, autour du château et de sa clairière : le noyau qu’il enrobé ne m’est pas plus accessible aujourd’hui que la fleur originelle dans la fontaine pétrifiante.

Julien Gracq, Les Eaux étroites, 1976

(Navigation heureuse aux côtés de Gracq, pour une tranquille remontée à la source – hors d’atteinte – de l’enfance, et  de ses parentés futures. Au fil des eaux,  dialogue Poe, Proust, Balzac et Bachelard, en pensée vive et profonde. )

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