Ton pas se répercute exactement là où il résonna dix ans plus tôt – tu n’y avais depuis plus mis les pieds. D’abord, tu ne sais si le passé recule ou si tu avances. Deux mouvements sont parfaitement distincts : l’un congédie qui tu te fus, l’autre prolonge qui t’est autrui – reconnu, choisi. Ton véritable baptême. Tu mis longtemps à entendre ton nom. D’hier à aujourd’hui, qui tu devins, qui tu es, seras.

Bientôt il te semble que toi seule passes dans le temps immobile ; à moins que ce ne soit l’inverse. Comme si la permanence que tu t’assignes au fond sans guère de raison (si peu en vérité que «l’identité», ce «même», te fait toujours sourire) ne se trouvait d’abord qu’extérieure à toi, ne se formait que dans quelque superposition de lieux et d’instants où tu ne te trouves point, ne se devinait, ne se créait peut-être qu’entre deux.

Autrui te baptisa et, depuis, tu n’es qu’ailleurs. Là où il faut être, crois-tu. Dans le temps qui tourne et te porte – où ce qui s’enfuit n’eut jamais lieu que comme prétexte. Toi, change et demeure, tourne à la pointe de l’aiguille.

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