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Rond et droits

18 novembre 2011 - Hapax et archives
Rond et droits

De l’aplomb de la lune au plan bitume s’étend la terrestre sphère céleste où va et vient la foule du soir, comme dans un bocal. Apposés sur l’espace noir, le rond de lune, les blocs rectilignes, dans une même lumière un peu confuse pour décor urbain. Le long des rues, réverbères et vitrines. Poignées de gens pris dans chaque maille de ce réseau de lumières, plaqué par la lune, ramifiant la ville et son paysage nocturne.

Du regard en l’air au talon par terre, frôlée d’ombres semblables, de possibles passés, qui se côtoient méconnus. Le regard glisse sur de vagues reflets exacts, la volonté s’échappe comme une fumée blanche au-delà des toits. 

D’hier jusqu’à la voix que l’on s’entend ce soir, de la mémoire à aujourd’hui, cette ligne rêvé, corde sans nœud, que nous nouons et essayons encore, pour nous retenir au vide.

Au centre de l’espace-nuit qui se déploie autour de nous, les masses gravitent et nous portent et l’on pressent, par un mouvement trop vaste et long pour être vu, un monde entier, immorcelé. Tout d’un bloc, à l’heure du soir, il nous arrime à chaque point cardinal. Sa gravité écrase la foule, ses destins et ses désirs vains.

Restent l’axe qui nous traverse, froide conscience d’un transitoire sans limites, et pour d’autres le dessin de trajectoires qui n’auront pas été chemins. L’asile et le havre palissent, dans cette géométrie que nous ne comprenons pas.

Novembre 2009-novembre 2011

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