Tu amadoues ce qui se cache et tremble, tu ralentis le geste et le souffle pour émousser les peurs, caresser les blessures, pour ce qui ne parle pas tu fais place et inventes d’autres paroles.

De l’incertain et de toi, lequel s’acclimate, apprivoise l’autre ?

Un rire, un jet d’eau, un éclair bleu nous apprendraient à choyer la brèche en l’ourlant de jour, de saison en saison prolongeant la faille, d’humeur en humeur faisant advenir sans cesse la brisure, jamais ses débris.

Comme s’il n’était vertige sans repos, ou plutôt comme si à tout équilibre il fallait quelque vertige.

Les heures tournent et maintiennent suspendues d’étranges floraisons où s’étreignent ceux qui s’opposent. Sur la plaie le sel est indolore, la morsure est insensible, la trêve grandit en incompréhensible paix.

Qu’est-ce qui bat au flanc qui se soulève ? De nouvelles forces ou la dernière résignation…

Pas d’équilibriste qui poursuit le subtil battement de bonheur à douleur, de perte à profit, qui peuple la distance, tendu et léger danse l’incertain du temps où boire à long traits la voie lactée et ses mirages.

Illustration : Bruce Davidson, USA. New York City. 1980. Subway platform in Brooklyn.

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