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260618

28 juin 2018 - Poèmes
260618

Le ciel tantôt bougonne, tantôt sourit, indécis, et donne au jour un air sans façons où s’effilochent souvenirs et promesses en nuages dispersés, en rayons intermittents – on ne distingue pas bien les uns des autres, on sent seulement que l’air mouvant enrobe le corps, l’accompagne dans l’épaisseur de l’heure, légère pourtant, si légère et douce que l’on craindra demain qu’il n’en reste rien, que nulle trace, nulle impression ne subsiste de ce moment qui plutôt s’insinue entre deux souffles – comme si échappant à toute préméditation rien ne se passait, rien de sérieux ni d’important, rien de plus que ce qui se passe pour faire passer le temps, ce qui sur ses pas s’en va.

Pourtant, demain, tu soupçonneras ou tu espéreras (comme si continuait le battement de la veille) que ce « temps mort », offert au simple plaisir d’être, prolongeait d’autres heures et d’autres rêves qui l’irriguaient, que sa vertu consistait à n’avoir rien troublé, mais que, portant le secret de la sève et de sa lenteur, il n’aura ni âge ni fin, seulement des saisons dont même les éclairs seront doux, claires les éclipses.

Il te semble qu’il reste de ce jour une note haute, elle monte et s’échappe – ou bien est-ce toi qui hésites ? –, émanée d’on ne sait où, de lui ou de toi. Fut-elle la parole ou l’écho tu, le revers des voix et des silences ? Il te reste une note, l’onde parabole, la distance en vibrance.

Illustration : Sonia Delaunay, Chanteurs de flamenco.

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