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Entretien avec André Rougier : Les « grands témoins »

22 février 2018 - Résidences
Entretien avec André Rougier : Les « grands témoins »

Si l’essentiel de ton blog est de ta plume, cette dernière est irriguée par une myriade de citations, textuelles aussi bien que visuelles. Quelle fonction remplissent les nombreuses images (photos, peintures, dessins…) qui accompagnent tes poèmes ? Il ne s’agit apparemment pas d’un support, d’une matière première, d’un « prétexte » pour l’écriture.
Tu parles d’ailleurs beaucoup de tes « témoins » que tu situes plutôt, si je ne me trompe pas, surtout du côté des écrivains. Pourrais-tu expliquer ce que de tels témoins représentent pour toi ? Qui sont-ils ?

Pour ce qui est de la première interrogation, j’y ai de fait largement répondu en traitant ta deuxième question. Je n’y reviendrai donc qu’assez brièvement, afin de raffermir et clarifier, si besoin était, certains points essentiels.

Sauf à de très rares exceptions, on peut affirmer sans risque aucun de se tromper que mon écriture n’est absolument pas une écriture « à contrainte », du moins au sens premier du mot, lequel renvoie, lui, soit carrément à Oulipo, soit aux formes dérivées des ateliers d’écriture, formes que j’ai coutume d’appeler « à programme », dans la mesure où elles ont comme source, matière et catalyseur un élément pré-donné (lequel peut être une image, une musique, une citation, une déambulation en ville ou dans la nature, et j’en passe).
Or dans l’immense majorité des cas, les photos, vidéos, musiques ou citations accompagnant, comme c’est souvent le cas, mes textes sont, tout au contraire, choisies en fonction de celui-ci, qui les précède et qu’elles ont pour unique fonction d’illustrer, renforcer ou compléter.

Il y a bel et bien d’autres cas – point rares, ceux-là – où les éléments suscités fonctionnent effectivement comme « prétextes », mais où les textes brefs, voire très brefs qui les accompagnent se veulent réponses à peine, confirmations, réfutations, marques d’admiration ou de rejet dans le cadre d’un dialogue, discussion ou conversation où aucune des « forces » en présence ne prend le pas sur l’autre.

Quant aux « témoins » (que j’appelle le plus souvent « Grands Témoins »), il y en a de deux types : ceux dans et de ma vie qui m’accompagnent, pour le peu qui restent, depuis presque 45 ans et qui, de milieux et professions fort divers n’ont rien (ou alors assez peu, et de loin) à voir avec mes activités littéraires ; et puis ceux à qui tu fais allusion, tous, sans exception, écrivains ou penseurs (terme que je préfère de loin à celui de « philosophes ») qui, de par leurs écrits, m’accompagnent également depuis longtemps (voire – même s’il s’agit d’une infime minorité – de par leur réelle présence pendant un segment ou un autre de ma vie passée ou présente).

Ta question m’a d’ailleurs fait prendre pour la première fois conscience qu’il n’y a parmi eux ni musiciens, ni plasticiens, ni cinéastes, ni vidéastes, alors qu’il y en a beaucoup que je suis aussi depuis un bon bout de temps, que j’admire énormément, avec lesquels je m’éprouve de même en parfaite résonance, connivence et syntonie. Je dois avouer ignorer le « pourquoi » de la chose ; peut-être est-il lié au fait que seuls les écrivains et les penseurs ont pour outils et matériaux les mots, lesquels charrient un sens (ou plusieurs – rien de plus enchanteur et excitant que la polysémie !) indépendant de la manière dont l’œuvre en fait usage – ce qui n’est guère le cas des matériaux dont se servent les autres formes d’art (il me faut préciser que pour ce qui est du cinéma et de la vidéo, c’est surtout à l’image et au son que je m’intéresse, car lorsque les mots y prennent trop d’importance – ils en ont, bien sûr, mais subalterne à mes yeux dans la plupart des cas – c’est à du théâtre filmé que cela se résume, auquel cas je préfère carrément la scène…).

Comme (je me répète, je le sais ! – rires) mon fort n’est pas l’élaboration de théories, mais la production de textes, je te propose de poursuivre par trois d’entre eux à la queue leu leu, disant qui sont-ils concrètement, ces Grands Témoins littéraires (des poètes essentiellement), comment je les lis, et pourquoi d’autres n’en sont pas (un quatrième texte, traitant du même sujet, figure dans la réponse à ta troisième question).

« À propos de Nazim Hikmet : Teindre les miroirs, enjamber la tonsure de l’hiver, ses dettes, ses soudaines giclées. Parier sur l’avènement d’un combat, aujourd’hui, pas sur l’issue de celui à venir. Ton pli, ton joug, ta chance…
À propos d’Arthur Rimbaud : Tu l’avais bien dit, cela se passe sur la même rive, ni couleur ni rumeur annonçant le lieu, il faut se dégager, se faire léger, soif qui passe et renverse, enfin libre du poids du regard… Il aurait fallu venir avant, afin de mieux t’investir et, riverain, te détruire – intact, assouvi, détourné, retrouvé, toi en qui je meurs…
À propos de Lautréamont : Espace dont tu rêvais, agile, fait d’attouchements, de frôlements, de dérobades… Espace d’aucune permanence, aux seuls horizons de fuite, aux intarissables distances. Espace sans proclamation ni pesanteur, espace de trêves ou d’entrelacs. Espace furtif et pervers, espace à couteaux ouverts, à l’étendue mesurée par les seuls voiliers qu’on ne retrouvera pas. Espace aux carrefours trompeurs, aux mirages voulus, guettant les trois coups, l’avancée des pantins, complices au regard engourdi qu’on reconnaît aux détours, à tels pâles signes à ne pas divulguer en ce lieu et cette heure…
À propos de Sergueï Essenine : Toi qui écoutes, qui le sais, qui te tais, dedans ce mirador d’éclairages et d’attitudes qui seul, tranchant, irrespirable, remplace ce que l’on te ravit pour une raison qu’encore j’ignore; toi qui pressens que l’on ne reviendra pas aux hommes, à leurs frayeurs, à leurs bruits, et qui t’élances, à l’orée du lieu celé, attentif aux seules premières lueurs de l’événement à perpétrer, qui, même de côté, comme à jamais, nous gardera leur sang, leurs filles et leur mémoire…
À propos d’Eugenio Montale : Le sommeil se chargera de tout, le garrot frileux innerve déjà l’écran, profanation des féaux que l’asséchement à venir délie déjà, ceux de la dernière autarcie, qui se moquent des parures, évacuent les tiédeurs, réconcilient – inhabituel mouvement de charité – retraites aux flambeaux et lents fossoyeurs de l’aube. Car, sinon, comment en finir : avec l’alchimie de l’ocre, à chaque trêve, avec les gestes baroques des femmes, avec tes caprices et ta guerre – danse de faux, de clôtures, mots à vomir, et, tout au bout, se faufilant, te détournant, l’avance nuptiale de l’araignée…
À propos d’Ossip Mandelstam : Tout ce que vous saviez que j’étais, tout ce que vous soupçonniez que j’aurais pu être, ce que je n’imaginais pas que je serai, tout ce que nous voulions et qui sera (certes un peu différent : ni meilleur ni pire, DIFFÉRENT), tout ce qui avec moi s’en va, mais reviendra (comme je guette le départ et j’attends le retour !)
À propos de Jorge Luis Borges : L’instant n’existe qu’en tant qu’il renvoie à tel reflet du passé qu’il parachève, amène à plénitude et ratifie, qu’il se projette dans le souvenir qu’il sera et qui déjà l’altère subtilement, le charge d’ombres et de saveurs nouvelles, lui rend en épaisseur ce qu’il lui ravit d’innocence… Chaque heure a un galbe, un granulé, une pigmentation propre, il suffit de telle lumière, de telle rumeur en tel lieu pour que celui-ci t’appartienne, non pas de la contingente façon qui est le lot de tous, mais de l’obscure, illimitée manière qui, sans illusions ni entraves, est ta part d’immortalité en ce monde…
À propos de Constantin Cavafys : Incompréhensible bonheur d’être, sans faire, sans lier, sans compter, sans soupeser, sans méfiance et sans attaches…
À propos de Gunnar Ekelöf : Plages de lumière suspendue. L’alcool irrigue les détours. Mourir, c’est assombrir le tain, furtivement, renvoyer, démentir. L’ancien dédoublement se laisse mimer, pour la toute première fois, dans cette excroissance de nuit. Débauches, volutes, rien qui situe. Vers cette patience s’avance toute une armée de somnambules.
À propos de Carlos Drummond de Andrade : Tu survécus à tous les étonnements, aux harnais. Aux tentations d’enfantement, les pires de toutes. Tout est désormais à portée de vue. L’arrêt autour, sans bleu ni cuivres. L’arrêt, à travers les pores. L’arrêt, comme si tu y étais. Une étendue bonne à dire. Nul sang ne saura t’appâter. Le bonheur n’est plus cette idée ancienne.
À propos de Lucian Blaga : Ce qui fut, cela seul, ramassé, réfracté, figé, recomposé, accru, regardant, te regardant, partout, toujours, subversion des perspectives, des faisceaux, des proliférations, des devenirs, moites, trop moites, trop adroits aux yeux de l’exigence qui durcit, d’un grand vent immobile sur les terres…
À propos de Georg Trakl : Masque érigeant tes sillages, toujours avançant, avec, entre tes doigts, les lentes figures de l’épidémie. Jusqu’à l’heure de s’abandonner au jeu des paupières, à ces bribes de silence musical, à la lassitude des feux. Ne glisser dans le bruit qu’alors, goulûment, tout exiger de cette lumière aux abois, se fracassant, yeux cernés, sur le devant des scènes…
À propos d’Aleksandr Blok : Franchir, s’affranchir, la belle histoire… Tu nous la laisses, gens du possible, suspendus aux questions, au flux vide, de peur d’entrevoir le libre éclair où tu t’écartes, comme pour une fête… Rien n’est effacé, pas même ralenti, le front n’est pas à découvert, la tension seule rôde, à la lisière violemment éclairée. Regard bleu, comme en exil, donnant droit, même à côté, de toujours rompre… »

[Nota : il me semble utile de préciser, afin de dissiper tout possible malentendu, que les textes accompagnant chacun de mes “grands témoins” ont pour auteur le proprio du blog Les Confins et ne sont en aucun cas des citations du poète évoqué.]
(Les grands témoins)

« Je suis un lecteur boulimique de poésie. Parmi les “vrais” poètes (je ne prétends à aucune objectivité !), il y en a beaucoup dont j’aime, parfois à la folie, tel ou tel écrit…
Et puis il y a ceux dont (en reprenant la magnifique formulation de Steiner) la présence parente est tout du long talismanique, mais toujours à renégocier”, qui toujours m’accompagnent, me secouent, me questionnent, me portent et m’aiguillonnent, eux qui sont, d’un même jet, humilité et visée, assenant qu’il n’y a de pari qu’insensé, d’enjeu que si l’on est prêt à TOUT jeter dans la balance où ne pèse pour de vrai que ce qui vaut, y compris nos vies (ou ce qui parfois en tint lieu), soit, en vrac : Pessoa, Holan, Dino Campana, Hölderlin, Rimbaud, Carlos Drummond de Andrade, Dylan Thomas, Ritsos, Essénine, Char, Arghezi, Borges, Sylvia Plath, Nerval, Mandelstam, Villon, Blaga, Cortázar, Ekelöf, Séféris, Artaud, Auden, Celan, Lispector, Saint-John Perse, Hikmet, Eliot, Prigent, Montale, Trakl, Baudelaire, Herberto Helder, Sikelianos, Maïakovski, Vallejo, Tsvétaïeva, Nerval, Luzi, Rilke, Nauro Machado, Pichette, Kouwenaar, Bolaño, Nichita Stănescu, Akhmatova, Somlyö, Enzensberger, Holappa, et j’en oublie sûrement quelques-uns….
Certains se pencheront surtout sur les absents, je le sais, mais qu’y puis-je? » (Qui sans cesse m’accompagne)

« “Passions du réel, passions du semblant”, c’est ainsi que Žižek intitula le chapitre premier de ce livre à nul autre pareil, et l’on pourrait y ajouter, sans du tout le trahir, les “passions de faire” (“semblant” aussi – bien trop souvent !)
Dans ce désert qu’est effectivement le réel (vérité le définissant métaphoriquement, l’évidant sans le nier), et puisque l’on sait, avec Frank Herbert, que in the open land, one direction is as good as another”, les passions (celles-ci en tout cas !) n’ont pas leur place ; n’ont rien à y voir, à  accomplir, à y chasser, à y semer. Elles jetées aux oubliettes, pour longtemps, et comme on ne sait (ou peut) ni LE biffer, ce satané réel, ni faire corps avec lui, seule reste, et vaut, la manière – celle-ci, celle-là, ou une autre – de l’aborder, l’accrocher, le secouer…
Nous y voilà, enfin, ai-je envie de dire : car si j’aime beaucoup Don De Lillo, je n’aime pas trop la manière qu’il a de s’y coltiner… Et si je mets haut, très haut même (fiction romanesque et poétique mêlées) les Foster Wallace, Creeley, Acker, Gass, Spicer, Banks, Coover, Sikelianos, Vollmann, McCaffrey, Evenson, Padgett, Pynchon et autres Loyola Brandão, Fresán, Aira ou Pauls, par exemple (américains, eux aussi, mais du Sud – et ils ne sont pas les seuls, loin s’en faut) ou alors Juan Francisco Ferré (et quelques autres “mutants” – l’Europe n’en est pas absente, ou exempte) , mes vrais intercesseurs dès lors qu’il s’agit du réel tel que je peux m’y frotter et l’absorber après que la métaphore (encore une fois, au sens le plus large, le plus plein, le moins mesquin) me l’ait rendu présent, accessible, propre à l’ingestion se nomment tout autant, voire plus Ekelöf, Magris, Nuno Júdice, Deguy, Kiš, des Forêts, Herberto Helder, Combet, Kuśniewicz, Butor, Ritsos, Claude Simon, Holan, Noteboom, Ollier, Tabucchi, Holappa, Lobo Antunes, Enzensberger, Luzi, Michon, et j’en oublie, et pas qu’un peu…
Rien à voir avec je ne sais quel jugement de valeur scabreux de tant être subjectif – mais rien non plus qu’une analyse (assise sur des présupposés personnels, certes, mais que j’entrevois lucidement fertiles) ne sache expliciter après découpe, donner à voir, finir par faire entendre…
Comme pour tant d’autres choses, le temps qui m’est imparti en exclut l’accomplissement, mais je sais que beaucoup vont très bien comprendre ce que maladroitement je m’efforce à dire – redire plutôt – et c’est loin d’être fini ! » (Passions du réel, passions du semblant)

Et en guise de conclusion, trois témoins de choix parmi mes chers Sud-Américains, ensemble d’abord, puis laissant la place à celui dont, humainement, je me suis toujours senti le plus proche.

« De retour de la très belle exposition Rayuela : el Paris de Cortazar, difficile de ne pas penser à ceux que j’appelle, avec respect et affection, mes “dieux tutélaires” du domaine hispanique…
Borges, qui toujours m’accompagne, mais que je ne sais évoquer (en dépit des apparences, trompeuses en l’occurrence) qu’en le citant, ou alors de latérale et oblique manière, réfractée par la peur de trahir ce qui, en lui et de lui, m’appartient, et à moi seul presque (probable ressenti de tous ceux qui ont eu le privilège de l’approcher physiquement…)
Bolaño, le plus désespéré des trois, frère cadet qui me provoque, m’enchante et me tire vers le fond, lui pour qui la fièvre et la nausée n’ont pas d’explication” (évinçant, par là même, toute idée dogmatique ou simpliste de rachat, de possible réinvention des mythes, de réécriture de ces récits que l’on disait “grands”), qui toujours nous fait nous déplacer comme en reculant, en fixant un point, mais en nous en éloignant, en ligne droite vers l’inconnu” – sans rédemption à espérer, même et surtout de ce dernier, parce qu’il n’y aura jamais de révélation pour nous punir ou nous sauver du mystère du mal”
Et puis Cortázar (oh Cortázar, des trois le plus proche de ce que je crois être, littérairement, humainement) : fidèle et dispersé – engagé, mais savourant ce qu’il pouvait rester de douceur de vivre d’avant la Révolution (à venir, oh ça oui !) – pessimiste, mais croyant à l’avènement (ici ou là où résonne sa langue, mais sans doute ailleurs également) de ce temps plus clair, sans doute fragile et imparfait, mais qu’on ne devrait ni ne saurait trahir – lucide et allègre comme bien des “sans-espoir” – serein comme seuls savent l’être les affranchis de l’attente – intense et précis comme un accord de Bird ou de Miles…
Comme je sais, d’un savoir précis et ancien que si souvent il m’arriva d’évoquer, que toujours me feront cortège les ménades, les fins d’étape, les bouteilles à la mer, les bestiaires, les lointaines, les portes du ciel, les hommes à l’affût, les heures indues, Anabel et Circé, les armes secrètes, les récits sur fonds d’eau, les écoles la nuit, les graffitis, les feux (tous), les histoires avec des mygales, les deuxièmes fois, les coupures de presse, les îles à midi, les apocalypses comme à Solentiname, les autres cieux, les faces de la médaille, les fils de la vierge, les axolotls, les lieux comme celui nommé Kindberg (“là mais où comment”), “le feu lent et bas dans la cheminée”, la fin des jeux et le désintérêt à vivre. » (juillet 2013)

« On n’apprend que de ceux dont on fuit la trace des pas, ainsi en fut-il pour nous, Julio. Tu me pris par la main et m’entraînas, par des trajets dérobés, vers la perte insoumise et appâtée, jamais dupe de cette traversée qui n’est ni lien ni jouissance, me fis voir l’émiettement du monde, les archipels de soi, le regain des apparences, les ravages de la hâte, le lointain éperdu en sa douteuse maîtrise, la survivance de la roue, de la laine, des coulées, l’éveil des masques, la maturation des voix qui sont déjà voyage, et lui seul…
Je sais, grâce à toi, qu’on ne revient sur ses pas qu’en baissant la voix, en ramassant les contre-jours, les passages minés, les pentes dévalées à reculons, en veillant ce que l’Autre, rien qu’en étant, donne à voir, tend et délie, martèle et cisèle… Ce savoir, qui me fait aujourd’hui peser le souci, mais délaisser la source qui bégaie, c’est de toi que je le tiens, tout comme ce Temps qui ne s’édifie pas dans ce qui dure, dans la répétition ou l’équivalence, mais dans le refus du Retour, la profanation des usages, l’aveugle ressemblance sur qui regard bute…
C’est un étrange jour d’août, je regarde par la fenêtre la bruine effaçant les tiédeurs, la lumière séparée, les semailles vides. L’ombre des dieux rôdeurs claque et crisse sur l’ardoise indécise, s’accroissant à chaque trace des jeux poreux, des pièges du surgissement ; ce n’est que maintenant que j’ai compris qu’ils me feront faire le trajet jusqu’au bout, il le faut, de le savoir c’est à toi que je le dois, à quelques autres aussi, que je n’oublie pas… Et ce n’est qu’une fois mon devoir rendu que je répondrai à celle qui me toise et m’appelle – tout comme tu le fis il y a trente ans de cela – “si c’est l’heure de s’en aller, alors oui, viens !” » (L’impossible)

Palimpseste d’Archimède (Xe et XII-XIIe siècle).

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