I

Le dernier frémissement du jour a passé,
et la nuit s’ajourne à la lune en filigrane
pâle au ciel d’uniforme lumière.
Les échos s’éteignent, les gestes se posent,
dans le plein demi-jour d’une mi-saison
étale qui longe des passants la promenade.

L’heure nous enveloppe de son eau qui dort
sans clarté ni mystère, tout est net.
Nul éclat ne perturbe son tranquille cours,
nulle profondeur n’en prolonge la course.

Au pochoir sur son fond de calme plat
se découpent sons, mouvements, formes,
aussitôt tracés, aussitôt balayés
en vertu de quelque congé accordé
au temps qui s’absente et laisse en plan
les travaux, les jours et leurs songes.

Tout est transparence diaphane,
clair, si clair, que rien n’y tient n’y retient,
diaphane comme grêle, comme blême.

Illustration : Broncia Koller-Pinell, Blick auf die Karlskirche.

 

 

 

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