Tu achoppes, titubes et trébuches
au pas d’un cœur qui tangue
en houle en tressauts,
irréguliers,
de bâbord à tribord te déporte,
s’en va et revient – reviens –
en ressac
entre deux embardées alenti
inerte se balance
sous la nue obstruée – comme un couvercle
puis derechef ça déferle
de haut en bas secoué
de vent violent de grêle amère
le mât trop frêle
et plie, et rompt, et
te monte aux lèvres
ton cœur lourd, trop lourd, lourd comme
comme un fruit, un fruit trop mûr, fruit tanné ou fruit blet,
pèse et se balance – cul damascène
tout au bout de la branche qui ploie
se balance ton cœur qui te pèse te lève
le cœur aux lèvres te remonte,
qui titubes trébuches, achoppes
décomposée dans une odeur douceâtre
glisses perds pied sombres,
t’écrases en giclures de bouillies de compotes
mal digérées
marasme, marmelade d’amertume,
de fruit pourri sans fruit
quand s’enraye la mécanique du cœur
choyé qui choit
et au pied de l’arbre
explose éclate
s’éteint.