11.
Gestes mols, bouche close – jours sans boussole
du temps si long si lent
sans élan, qui les déroule et déroule, sans élan
– claudiquant bruit blanc.
11.
Gestes mols, bouche close – jours sans boussole
du temps si long si lent
sans élan, qui les déroule et déroule, sans élan
– claudiquant bruit blanc.
« Ce qui fut, se refait ; tout coule, comme une eau,Et rien dessous le Ciel ne se voit de nouveau,Mais la forme se change en une autre nouvelle,Et ce changement-là, Vivre, au monde s’appelleEt Mourir, quand la forme en une autre s’en va. »Pierre de Ronsard. Bon, la poésie est donc finalement revenue. Je ne comptais vraiment pas…
Pour un regard. Un regard dévoré d’horizon. Sillonné de présages qui le traversent et scintillent, se perdent et rejoignent quelque insondable origine. Pour un regard. Un regard trempé d’eau forte. Acéré de l’éclat qui brille à l’entaille pure du diamant sans oubli. Parce que les paupières se ferment et qu’à leur courbure les extrêmes s’échangent. Parce…
Une nuit qui n’existe pas encore, dont on sait la venue, pas la prochaine nuit, non, une nuit future, hypothétique seulement, un espoir de nuit, un désir de nuit aussi bien qu’une peur de nuit, un mouvement vers et contre cette nuit… (J. Séné, Nuit 48)
Tout est dépeuplé, et lui reste
étoile Polaire
Qui d’erreurs en errances rétablit
le gîte et l’erre.
(20.) La cloche d’ivresse danse et vole
– sonne vive.
Elle m’élance et me couche
– à tes rives.
1. Son fantôme m’accompagne
– l’ombre sous mes pas
Parfois m’enveloppe, douce et chaude
– contre les frimas.
2. Le jour va et flotte, léger comme l’air
– cœur vacant.
Quelques mots volent, un émoi
– d’étoupe, mais lent.
(…)
La faute de goût est-elle nécessairement faute de style ? Telle est peu ou prou la question, pas tout à fait purement rhétorique, que je me posais il y a quelques semaines en tombant sur cette pittoresque citation de Faulkner – que je relis presque intégralement, semble-t-il, pour redécouvrir sans guère de surprise combien je…
Comme une récente conversation (épistolaire et… à bâtons rompus) avec un ami en était venue à évoquer la psychanalyse, je lui écrivais récemment qu’« occulté » me semblait un terme bien mal choisi, que rien n’était à proprement parler caché, dissimulé – sinon ce qu’autrui essaie de mettre sous le tapis, ajouterais-je ici. Au contraire, je comparais l’occulté à l’« éblouissant ; donc aveuglant »
J’ai toujours rêvé d’écrire quatre mains (sans superpouvoir ni mutation), et la rencontre avec Marc, d’abord ses poèmes sur Twitter, puis tout particulièrement de Cyberpunk is dead, baby ne pouvait que réactiver cette envie. La nouvelle La Friche en est issue – après une longue gestation (six ans, autant dire que ça remonte à une autre vie),…
En commençant cette série de textes, cherchant à remonter je ne sais quelle origine pour mieux comprendre ce que j’appelle « littérature » ou ce que j’en attends, j’avais une idée préconçue : je pensais que mon appétit de lecture avait originellement à voir avec la connaissance, le savoir. J’y plaquais ce que je nommerais…
Qu’est-ce que je cherchais dans la lecture, au commencement ? D’emblée à mettre des mots sur des choses ? La réponse la plus sincère me paraît être que l’enfant que j’étais se contentait d’imiter (toute ma famille a toujours beaucoup lu, c’était une activité à la fois normale, fréquente, et à laquelle il était normal de consacrer…