Maturation lente, aveugle, affolée parfois.
Puis brusque précipité, cristallisation.
Comme si en un brusque envol
soudain
tu embrassais d’un seul regard le paysage entier,
que tu croyais à feu et à sang,
soudain
tu embrassais d’un seul regard le paysage entier,
que tu croyais à feu et à sang,
et non pas seulement pacifié :
vibrant, riche, offert
vibrant, riche, offert
Que tu traversas pauvre, aride et désolée,
où tu t’écorchas, qui te blessas,
où tu t’écorchas, qui te blessas,
tandis que dansaient des échos taquins,
à roucouler tantôt, tantôt à feuler,
quand tu avançais coûte que coûte
entre des ombres menaçantes et
d’effarées lueurs, incessamment
tout se métamorphosant, en un éclair,
du sourire à la grimace, des mines
dégoulinaient, tonnaient feux d’artifice,
retombaient cendres et charpie.
à roucouler tantôt, tantôt à feuler,
quand tu avançais coûte que coûte
entre des ombres menaçantes et
d’effarées lueurs, incessamment
tout se métamorphosant, en un éclair,
du sourire à la grimace, des mines
dégoulinaient, tonnaient feux d’artifice,
retombaient cendres et charpie.
Et toi petite grignotant incertaine
mètre après mètre
en inventant découvrant
lumières,
et feux follets,
et feux follets,
illuminations
et vœux poètes,
pour parer,
parer à,
tenir bon,
malgré le paysage
à feu et à sang
puis
de roc et d’os.
et vœux poètes,
pour parer,
parer à,
tenir bon,
malgré le paysage
à feu et à sang
puis
de roc et d’os.
C’est que, ce paysage…
C’est que ce paysage plus tôt t’avait bercée,
où des comètes avaient filé, des splendeurs tremblé,
ce paysage t’avait portée.
Tes membres, la glaise – te façonne, t’enrobe
où des comètes avaient filé, des splendeurs tremblé,
ce paysage t’avait portée.
Tes membres, la glaise – te façonne, t’enrobe
Ton haleine, le vent – retrousse et frémit
En lui naquis, jaillis, crias, jouis
Son chant modulas d’amour.
En lui naquis, jaillis, crias, jouis
Son chant modulas d’amour.
Alors ce paysage
à feu et à sang
de roc et d’os
le traversant,
l’eau et l’étoile,
l’air et le cœur,
lui as rendu.
à feu et à sang
de roc et d’os
le traversant,
l’eau et l’étoile,
l’air et le cœur,
lui as rendu.
Ce n’est pas rien.
Douce,
tu t’envoles.
tu t’envoles.
Reste le paysage.
Qu’il accueille en ton nom
qui saura.
Qu’il accueille en ton nom
qui saura.
Illustration : Félix Vallotton, La Marée montante à Houlgate.
